Les terroristes, ceux d’Allemagne et d’Italie, qui n’entonnent le « Ni Dieu ni maître» qu’au nom d’un Dieu plus saint, d’un maître plus divin, d’une loi superstitieuse dont ils tatouent et mitraillent le texte sur la chair de leurs victimes, sont encore des théocrates. Si on appelle théocratique la volonté de confondre, d’incarner Dieu dans le monde, une politique révolutionnaire est toujours d’essence théocratique, – et toujours, effectivement, débouche sur la barbarie. Si, conformément à la Bible, on appelle monothéiste la volonté de disjoindre, de désincarner Dieu du monde, le monothéisme est le fondement, le seul fondement peut-être d’une politique qui, perpétuellement inachevée, ne croyant qu’à un bien qui toujours se dérobe, est l’autre nom de la Résistance. «Résistance monothéiste » contre « révolution théocratique » ?
Bernard-Henri Lévy.
Le testament de Dieu.
Grasset,

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