Le lion de pierre

Le lion de pierre

Il y avait une fois un écolier de seize ans qui fit un rêve. Il rêva qu’un lion, de sa gueule béante, lui donnait tout à coup la mort. C’était le matin. Il était allé visiter des amis dans un pays qu’il ne connaissait pas; où les lions ne se montrent guère.
Encore tout en frayeur sous l’effet de ce songe, l’écolier se leva. Ses amis l’attendaient: il partit avec eux pour l’église.

Il arrive sur la grand-place et au parvis, que voit-il? Un lion de pierre, la gueule béante vers le ciel- de sa gueule, cette figure de lion avait autrefois soutenu une colonne.

«Ah, dit-il, étrangement saisi, c’est mon lion: c’est celui qui m’a tué tantôt!»
Il raconte aussitôt le rêve à ses amis. Puis en riant, pour montrer qu’il ne cédait rien au cauchemar, à sa terreur, il s’approche du lion.
«Dis, mon lion, me reconnais-tu? Réveille-toi; fais craquer ces mâchoires, mords-moi de ta dent, si tu peux!»

Ce disant, il fourre son poing dans la gueule béante, le pousse jusqu’au fond …
Mais dans le moment même, quel cri! quel coup! Et tirant cette main ensanglantée, le malheureux tombe pâmé sur la dalle du parvis. Le lion qu’il avait bravé venait de lui donner la mort. De son aiguillon, lui avait traversé la paume un énorme scorpion qui nichait au fond de la gueule de pierre.

Et la force du venin fut telle, qu’en peu d’instants, l’écolier expira.

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